Vous êtes apprécié dans votre équipe, notamment pour votre volonté d’aider. Toujours prêt à soutenir vos collègues… même lorsque ce n’est pas votre rôle. Votre défi quotidien ? Vous ne savez pas dire non.
Vous aimeriez pourtant pouvoir refuser certaines demandes.
Par exemple, vous reconnaissez-vous ces situations ?
- Vous êtes doué sur Excel. Ce n’est pas vraiment votre rôle, mais on vous considère comme un expert. La même personne vous sollicite régulièrement pour de l’aide, et vous acceptez systématiquement.
- Vous êtes manager, et lorsqu’un collaborateur a un désaccord avec un collègue, il vous demande d’intervenir. Vous dites oui sans hésiter.
- On vous invite à des réunions où vous ne voyez ni votre contribution ni votre valeur ajoutée. Vous vous dites que si l’on vous invite, il doit y avoir une raison. Alors vous dites oui.
Vous aimeriez pourtant pouvoir refuser certaines demandes de façon constructive. Est-ce à dire que pour vous, actuellement, dire « non » est nécessairement destructeur ?
Dire non, pour vous, c’est comme quoi ?
Rappelez-vous la dernière fois qu’on vous a dit non, sans explication ni justification. Comment l’avez-vous vécu ? Vous êtes-vous senti rejeté, abandonné ?
Selon l’Analyse Transactionnelle, nous faisons tous appel à trois états internes selon les circonstances :
- L’état Parent, soit normatif (qui fixe les règles) ou nourricier (qui prend soin)
- L’état Adulte (rationnel)
- L’état Enfant, soit adapté (rebelle ou soumis) ou libre (spontané)
Si vous associez le « non » à quelque chose de cinglant, peut-être imaginez-vous que vous devenez alors un parent normatif, celui qui impose des règles sans laisser aucune liberté à l’autre ? Préférez-vous dire oui, ce « oui » bienveillant du parent nourricier ?
Attention : par transaction inconsciente, face à un état du moi Parent, l’autre réagira en faisant appel à son état Enfant. Automatiquement, que vous soyez parent normatif (« NON ») ou parent nourricier (« OUI »), vous considérez inconsciemment l’autre comme un enfant.
Alors, comment se positionner en adulte ?
Dans cette métaphore, qu’est-ce qui différencie un adulte d’un enfant ? N’est-ce pas que l’adulte est responsable de lui-même, tandis que c’est le parent qui est responsable de l’enfant ?
Quand vous dites non, qui est responsable des réactions de l’autre ? Ce ne devrait pas être vous.
À quoi dites-vous « non » quand vous dites « oui » ?
Nous confondons souvent désaccord (sur un sujet, une opinion) et désamour (sur la personne, son identité). Vous trouvez-vous face à ce choix inconscient : « Est-ce que je préfère inspirer la sympathie ou le respect ? »
Je vous invite à considérer cette question essentielle : à quoi dites-vous « non » quand vous dites « oui » aux autres ?
Lorsque vous dites non à des demandes non alignées avec vos objectifs ou vos valeurs, vous dites oui à ce qui compte vraiment pour vous. Quelles sont vos valeurs fondamentales ? Qu’est-ce qui compte réellement dans votre vie professionnelle ?
On peut dire « non » en souriant. On peut dire « non » en expliquant son besoin. On peut dire « non » tout en continuant à apprécier l’autre.
Voici quelques exemples :
- « Non, je ne vais pas t’aider sur Excel. Nous l’avons déjà fait ensemble, j’ai confiance que tu peux y arriver. »
- « Non, je ne vais pas intervenir dans ta relation avec ton collègue, je vous laisse en parler ouvertement ensemble. »
- « Non, je ne vais pas accepter cette réunion. Avant cela, j’ai besoin de savoir ce que tu attends de moi. »
Trouvez-vous cela cinglant ?
Quand dire « oui » de façon saine
Bien sûr, vous pouvez aussi décider de dire oui. Non pas en mode « sauveteur », mais c’est tout à fait acceptable de dire oui si :
- Vous avez envie de le faire
- C’est dans vos compétences
- On vous le demande explicitement
- Chacun fait la moitié du chemin
Je vous encourage à vous entraîner dans des situations à faible enjeu. N’hésitez pas à prévenir vos proches que c’est un défi personnel que vous vous êtes fixé.
Rappelez-vous : vous n’êtes pas obligé de choisir entre inspirer le respect OU la sympathie. Vous pouvez vous respecter ET respecter l’autre. C’est une base saine pour toute relation durable et authentique, avec soi-même comme avec les autres.
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